Un récit d’Henri Mathurin
Je représentais l’armateur. Je gérais la partie administrative et comptable et aussi tout ce qui concernait le ravitaillement du train de dragage. Je supervisais les réparations. C’était un matériel qui travaillait dans des conditions assez difficiles. La drague datait du début du siècle, les porteurs étaient de 1931, il fallait tous les ans prévoir une campagne de réparation pour remettre tout ce matériel en état et satisfaire aux visites annuelles du bureau Véritas que l’inscription maritime, les affaires maritimesd’alors, nous imposait. Je devais également trouver du travail à la drague car l’entretien des profondeurs sur les crédits de l’Etat n’occupait pas la drague toute l’année. Si nous voulions conserver les équipages qui étaient formés à ce travail bien particulier, il nous fallait trouver des travaux auprès des collectivités locales pour pouvoir assurer le complément de crédits dont nous avions besoin pour fonctionner. C’est ainsi que la drague 6 a été un élément très important de la construction des Minimes. Elle est venue se substituer à l’entreprise incapable de venir à bout de la vieille digue Richelieu sur laquelle est bâtie l’actuelle digue du Lazaret. La drague a réussi à extraire les embarcations en bois datant de Richelieu. Ils étaient coulé à une dizaine de mètres de profondeur. Réduits à l’état de charpie, leur bois obstruait le condenseur de la machine à vapeur et nous devions régulièrement arrêter pour pouvoir déboucher toute cette fibre de bois qui encombrait le condenseur.
