Si vous me voulez, vous prenez les douze !
J’ai beaucoup aimé le Jean-Pierre, le chalutier de mes débuts comme patron. J’avais constitué un bon équipage qui m’a suivi quand je changeais de bateau. Il y avait mon frère François Gueguen qui était bosco. Il y en a même un qui est parti à la retraite en même temps que moi ! Quand Auger a su que le Jean-Pierre allait être vendu, il a tout fait pour me débaucher avant. Un jour, il est venu chez moi avec Morillon. Je savais qu’ils allaient venir me voir et j’ai fermé la porte à clef et j’ai dit à ma femme : tu ne bouges pas. Je les ai laissés frapper. Je n’ai pas ouvert ! Je ne voulais pas discuter avec eux. Je savais qu’ils voulaient que je quitte le Jean-Pierre avant sa vente pour aller tout de suite chez eux. Ca ne m’intéressait pas moi car je voulais rester avec tout l’équipage. Chez Auger et Morillon, ils avaient 11 bonhommes sur un bateau, alors que, nous, on naviguait à 12. Alors, j’ai négocié : « si vous voulez nous emmener à bord, vous prenez les 12. Ils ont accepté et pour finir on a tous embarqués ! l’Euros était en construction en Hollande, c’était un 600 CV alors que le Jean-Pierre n’en faisait que 270 CV. J’étais content. Il était tout neuf. J’ai été le chercher en Hollande et j’ai pu suivre la mise en place du chalut et du chien.
