On n’allait nulle part ….

Un récit de Christian Raugel

Pour un radio « mar-mar », la navigation sur les frégates pouvait avoir quelques côtés frustrants. D’abord, on n’allait nulle part… alors que, même sur un porte-conteneur aux escales trop courtes pour descendre à terre, on a toujours le plaisir de franchir des caps, de charger et décharger du fret, de rencontrer quelques gens du port, de passer progressivement d’une mer et d’un climat à l’autre. Le travail accompli est ainsi balisé d’une manière concrète et satisfaisante pour l’esprit et le cœur. Des frégates, je me rappelle trop le lent décompte des jours, illustré par la fête de la « mi-point » avec son délicieux repas, ses compétitions sur le pont, des chants et même une poésie de M. Cavallo, lyonnais comme moi. Et le cinéma hebdomadaire dans le grand réfectoire du pont inférieur, les violons d’Ingres des uns et des autres (lecture, jeux, laboratoire photo, bateaux en bouteilles et même des travaux d’aiguille !). Quelquefois, un appareil de Lann-Bihoué venait nous parachuter un conteneur de courrier. Sans compter le point d’orgue, le voyage de retour où les gens de la Machine couplaient le groupe de secours « Poyaud » sur les barres de propulsion, pour nous ramener plus vite à La Pallice. Mais, tandis qu’à bord des cargos le radio assurait l’entretien des radars et autres équipements radio électroniques, ceux des frégates étaient bichonnés pendant les deux ou trois semaines « d’inter-point » par un excellent technicien sédentaire. J’ai gardé de lui un excellent souvenir mais, passionné d’électronique, ce genre de travail me manquait un peu.

 

 

 

Témoins: 
Raugel

Ville de la Rochelle Musée DRAC Poitou Charentes FAR Ami du musée Label Ethnopôle