Le métier de mousse
J’ai embarqué comme mousse sur Picore de l’armement Castaing, un chalutier de 52 mètres 17 qui chauffait au fuel. Je me souviens que dès que j’ai mis le pied sur le bateau, j’ai fait la connaissance du patron qui m’a rembarré parce que je n’avais pas utilisé le bon terme et il m’a lancé : « on attache une vache, on amarre un bateau ». Avec le novice, nous devions ramener la nourriture de la cuisine qui était à l’arrière jusqu ‘au poste de l’équipage qui était à l’avant. Sur le pont, nous devions remplir les aiguilles et les passer aux matelots …Gare à nous si elles n’étaient pas assez souquées…Ils nous les renvoyaient à la figure !
Le mousse était aussi chargé de nettoyer le carré : Je me souviens de la peau de roussette qu’on utilisait pour astiquer la table en bois.. La vie d’un mousse était rude. Les marins chiquaient et crachaient vers la porte du carré…Un coup de roulis et le jet n’atteignait pas son but mais s’écrasait sur le sol et bien sûr la corvée était pour nous…
