4 De 84 à 86, patron de l’Antiochus
Claudy Raymond devient patron sur l’Antiochus (armement Onfroy-Frézoul) mais délaisse la halle à marée rochelaise pour vendre à Lorient. Il se souvient d’un coup de chalut dramatique : « nous étions en Nord-Ouest Irlande et nous avons remonté le corps d’un marin. Il avait un ciré vert, un pantalon jaune, un pull à col roulé et une gaine pour son couteau en chambre à air. Je ne sais pas pourquoi, j’ai eu l’intuition que cela pouvait être un matelot d’un chalutier de Concarneau qui était tombé à la mer dans cette zone 8 mois auparavant. Nous avons appelé par le Conquet Radio l’administrateur des Affaires Maritimes de Concarneau qui nous confirmera par la suite que le signalement correspondait bien à celui d’Albert Bellec, le marin disparu en mer. Nous avons fait route vers la baie de Londonderry à Moville pour déposer son corps après avoir prévenu le consul de France. Ce n’est pas une expérience agréable mais dans ces cas là, on pense à la famille. En 86, l’Antiochus est vendu en Argentine comme beaucoup de chalutiers rochelais de cette époque : les armateurs éprouvés par le deuxième choc pétrolier commençaient à se débarrasser de leurs bateaux.
