On était en pêche de nuit. Il était près d’une heure du matin. Forcément, tous les accidents, c’est la nuit ! On était en étal, on avait croché. On était stoppé. Alors, je demande de virer, y’avait que ça à faire. Alors, on commence à virer. D’un seul coup, je vois les funes, les câbles qui arrivent à plat sur l’eau. Ce n’est pas possible, on a pêché un sous-marin, j’ai dit en rigolant ! Et puis, d’un seul coup, y’a un sous-marin qui fait surface ! J’ai voulu m’approcher de lui. C’était un français, heureusement. Je ne me rappelle plus son nom. Il ne voulait pas qu’on s’approche. Forcément, il avait peur qu’on ne le touche. Parce qu’un sous-marin, si on le touche, on le fiche au fond : ils ont une double coque et si on en crève une, il coule. Alors, qu’est-ce qu’il a fait le malheureux ? Le patron du sous-marin, il connaissait son travail. Il a replongé et a fait surface de l’autre côté. De tribord, il est passé à bâbord. Ca fait qu’il s’est libéré tout seul. Il a fait son boulot. Pas une avarie, pas une maille de déchirée ! Malgré tout, l’armateur, Monsieur Auger a quand même obtenu des dédommagements parce que les funes avaient été un peu raguées...Enfin, bon, les armements, ils cherchaient toujours à « gratter » quelque chose !
