J’ai commencé à aller en Espagne avec l’Euros et le Koros. Il y avait aussi une zone où j’aimais bien aller, c’était le fer à cheval, près d’Arcachon. On pêchait au bord des fonds, aux accores. C’était un peu périlleux car on faisait beaucoup d’avaries. Il y avait du corail qui coupait comme du verre les chaluts. Mais c’était là qu’on pêchait le mieux, du merlu, de la dorade, du merluchon selon la saison.
En Espagne, j’avoue qu’il nous arrivait de franchir la limite des 12 000 pour pêcher la nuit avant l’aube dans les eaux territoriales espagnoles. A l’époque, il y avait des altercations dans le golfe, principalement avec les bateaux qui travaillaient en bœufs. Un jour, on en a accroché un. Il avait été chouette le gars, c’était un bon gars. On était passé entre les deux et on s’était pêché ! Alors pour démêler ça, c’était tout un bazar. Pour couronner le tout, en manœuvrant, je fiche le chalut dans l’hélice du Jean-Pierre. Alors, le patron espagnol nous a fait des signes pour nous faire comprendre de lui passer une amarre ou un fil d’acier. On lui a passé un fil d’acier, il l’a fixé sur notre chalut, il a tiré dessus et a dégagé l’hélice.
