C’était le jour de la St Valentin, en février 1988. J’étais patron à bord du Saint-Patrick, un bateau de Lorient (armement Le Goff), un 54 m, 2000 cv. Nous étions en route libre. Je dormais, la veille étant assurée par le second capitaine, l’homme de quart et le radio. Tout d’un coup, je suis réveillé par un choc : nous avions touché quelque chose. Tout de suite, il y eut une voie d’eau importante. Nous avons envoyé un SOS. Très vite, nous avons été secourus par les Coastguards et hélitreuillés. Tout l’équipage des 15 marins a été sauvé. C’était terrible de quitter ce bateau, quand il s’est enfoncé dans l’eau, toutes les alarmes se sont déclenchées et j’avais l’impression que c’étaient des pleurs, des cris d’agonie…Nous n’avons jamais su ce qui s’était passé, nous étions à 3,6 km d’un rocher… On a pensé à un sous-marin, il y avait une base pas loin… Nous avons été recueillis dans le petit village de Kirkwall dans les îles Shetland au nord de l’Ecosse.
